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A la découverte de TAPAJ : quelle insertion professionnelle pour des jeunes en très grande précarité ?

« Travail Alternatif Payé À la Journée » (TAPAJ) est un dispositif d’insertion s’adressant aux jeunes âgés de 16 à 25 ans, en grande précarité. Il est cofinancé par le Fonds social européen. « Ce sont des jeunes en errance, éloignés des dispositifs de droit commun, souvent passés par l’aide sociale à l’enfance et consommateurs de produits psychotropes », explique Alexandre Chudant, chargé de développement de TAPAJ.



Le dispositif TAPAJ propose un travail payé à la journée, avec un contrat et une fiche de paye à la clé. Il permet à des jeunes d’être rémunérés en fin de journée pour une activité professionnelle qui ne nécessite pas de qualification ou d’expérience professionnelle particulière et qui ne les engage pas sur la durée. « Il n’a pas été conçu comme un dispositif d’insertion professionnelle au départ, mais comme un outil de réduction des risques », explique Alexandre Chudant. L’inscription au dispositif se fait via les éducateurs de rue, le centre de soin, par téléphone, pour travailler dès le lendemain.

La forte dynamique partenariale, entre les acteurs de l’insertion par l’activité économique, les pouvoirs publics, les structures médico-sociales, un tissu entrepreneurial et de grandes entreprises, est une des clés de réussite de ce projet. L’initiative est partie d’un territoire, Marseille, puis a été essaimée dans 10 villes pilotes. Elle est aujourd’hui présente dans 21 villes en France, avec des spécificités et adaptations en fonction de leur public.

A Marseille, le dispositif est progressif. L’équipe de TAPAJ propose tout d’abord aux jeunes des QPV des missions rémunérées à 10 euros l’heure. « On offre à ces jeunes une main tendue vers l’emploi ; ils ont envie et surtout besoin de travailler », explique Lionel Olivier, référent TAPAJ à Marseille. « On se sert de leur énergie pour leur proposer un chemin vers l’emploi », ajoute-t-il. Les jeunes effectuent au début des missions quelques heures par mois, puis entrent dans une deuxième phase avec 100 heures de chantier par mois et un accompagnement social. La troisième phase est celle de la formation et de la remise à niveau. « Les équipes de jeunes sont mixtes, à la fois filles-garçons et habitants des QPV et de l’extérieur », explique Lionel Olivier, attaché à cette diversité.

Alors que seulement 14% des jeunes ont un logement à leur entrée dans le dispositif et seulement 7% ont une prise en charge de leurs soins, ils sont près de 50% ensuite. TAPAJ a aussi un impact non négligeable sur la tranquillité publique et la qualité de vie dans les villes. Les jeunes sont notamment amenés à travailler sur des projets de rénovation de leur quartier, ce qui les responsabilise et leur fait prendre conscience de l’impact des dégradations.

Avec 155 jeunes sous contrat et près de 9700 heures travaillées fin 2017, TAPAJ continue sur sa lancée.

© Site web TAPAJ

Ce projet a été présenté lors de la Journée des initiatives territoriales pour l’emploi (JITE), organisée à Paris le 27 juin 2019.

Pour en savoir plus : http://www.tapaj.org/